Etude sur les investissements de la diaspora africaine

décembre 19, 2020

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L'impact des diasporas africaines économiquement est faible sur le continent et dans les pays respectifs par manque d'ambitions des acteurs. Cet impact est faible non pas en fonction des montants concernés mais plutôt à cause de la destination, l'utilisation de ces sommes.


Les diasporas africaines sont capables de mobiliser des sommes considérables mais ces sommes ne sont pas des fonds.


Un fonds est un capital en valeurs monétaires servant à financer des activités économiques rentables qui ont un impact positif sur l'économie d'un secteur ou d'un pays.


Les sommes considérables que sont capables de mobiliser les diasporas africaines ne jouent pas ce rôle là. Et ce constat est quasi similaire pour l'ensemble des pays africains; peu importe les tentatives étatiques à mobilier ses sommes.

Les envois de d'argent des diasporas vers les pays d'Afrique sub-saharienne avaient atteint 49 milliards de dollars en 2019 (sources BM). Ces flux sont en hausse de 50% depuis 2010. Il ne s'agit là que des transferts formels c'est à dire utilisant les canaux officiels et en estimation ils pourraient ne représenter entre qu'entre 35% et 55% des flux réels. Cependant il faut noter que les flux informels sont en diminution ces dernières années notamment à cause des obligations réglementaires.

J'ai fait une étude sur la question en partant des montants de transfert car j'avais à l'époque un accès à des données.
En ce qui concerne les utilisations de ces sommes la situation est la même partout dans tous les pays concernés. Le souci est que ces sommes ne financent pas des affaires c'est à dire la création d'activités économique, mais à plus de 70% la consommation des parents restés au pays.
Le mauvais côté des choses est que ces sommes reviennent en occident par le biais de la consommation de produits importés.

Pourquoi les chaînes de magasins et grandes enseignes occidentales se sont lancées à la conquêtes des marchés africains, si ce n'est pour aller récupérer ces sommes que les diasporas africaines envoient dans leurs pays d'origine.
Voilà l'une des conséquences de la mauvaise organisation et aussi le signe d'un manque de culture économique des acteurs de la diaspora. Ce qui est normal dans la mesure où la majorité des membres qui constituent sont impliqués dans ces flux n'ont pas un niveau élevé dans l'échelle sociale.


C'est un système d'appauvrissement qui plus est si on tient compte du fait que les personnes ayant des niveaux d'études élevés ont exactement le comportement inverse, ceux-ci ont plutôt le réflexe de sortir leurs argents des pays d'origine pour les dissimuler en occident ou dans des paradis fiscaux, et ce pour des raisons de risques d'instabilité politique ; les mêmes raisons qui dissuadent une frange des diaspora à investir en Afrique.
On n'a pas à se réjouir de ces magasins et enseignes occidentales qui s'installent en Afrique.

D'autre part l'utilisation de ces sommes à la consommation des familles ne permet pas aux diasporas africaines de pouvoir peser en quoi que ce soit économiquement, puisque ce ne sont pas des capitaux d'investissement, mais des pensions alimentaires. Et puis ce ont des montants envoyés individuellement à la famille, ce qui fait qu'on peut exclure l'utilisation du terme fonds pour parler de ces montants. Un fonds est par essence une somme de capitaux quantifiés et mobilisés à des fins spécifiques.


De facto même si les sommes paraissent considérables elles ne servent à rien économiquement. Ce sont plutôt des inconvénients que des avantages, car elles financent ces sommes, la paresse, voir des escroqueries familiales.

J'avais à la suite de mon étude, lancé des idées en le sens qu'il fallait plutôt réorienter les destinations de ces fonds et que les gens devraient plutôt songer à créer des activités pour créer des emplois que d'envoyer de l'argent pour la popote à leurs parents.

Un autre partie de ces fonds sert à financer la construction immobilière ; mais dans la majorité des cas, ces constructions sont des investissements de prestiges des gens des diasporas ; en gros elles servent à afficher une « réussites ». Des réussites illusoires, car la plupart des immeubles sont des gouffres financiers, puisque souvent inhabités 10 mois en moyenne dans l'année, les propriétaires vivant en occident. Toutefois ils consacrent des montants considérables là encore pour assurer les frais d'entretiens de ces immeubles. La réalité est qu'un immeuble inhabité coûte plus cher en entretien qu'un immeuble habité... Ces investissements sont là aussi non rentables.


Bien entendu, il y a ceux qui pratiquent de la location saisonnière mais cela n'est pas bénéfique dans tous les cas pour des questions de confiance dans la gestion.

Bref j'avais fait des propositions que ceux qui ont lu à l'époque ont rejeté parce que pensaient-ils je voulais leur donner des ordres concernant la façon dont ils devraient gérer leur argent... Ce qui montre le manque de culture économique que j'ai évoquée.

Et puis il y a in fine à souligner de manière générale les escroqueries de la part des gestionnaires. c'est à dire que ceux à qui certains confiaient leurs différents projets surtout quand il s'agit d'investissement dans l'économie dilapidaient les fonds et accordaient peu de sérieux à la gestion des affaires ; quand en plus ce ne sont pas les affaires elles-mêmes qui avaient été mal préparées, les études de marché et de rentabilité mal faites ou pas du tout.


Bref on était souvent dans des tentatives aventureuses qui finissent pas décourager les uns et les autres les poussant à jeter l'éponge.


Il y a depuis peu de nouvelles initiatives avec l'arrivée d'acteurs professionnels dans le domaine de l'investissement des diasporas, mais ces acteurs ont encore à faire leurs preuves et il faut du temps pour refaire un état des lieux.

Les Etats peuvent-ils intervenir ?

Oui mais leurs interventions sont limitées car nous parlons d'argent privé. Ils peuvent au demeurant créer des conditions incitatives que ce soit fiscalement ou autres mais les politiques africains eux-mêmes sont mauvais conseils. Les pratiques clientélistes, l'arbitraire et les mauvaises gestions des choses publiques ne plaident pas pour leur faire confiance.

Kek Kafui Ekue KamtRâ
Dan$ôvi Danxoevi Alevi Huvi !
Olofin Adimula, Olofin Aye Olufe.
Adzihin Gaâ-Fia, Avedzikpɔla - Traditionaliste
Initiateur & Thérapeute du KAXOKA-KAHOKA
Disciple de Maâ $aba Dan$ô Tsamba

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